Quand on est musicien.ne, on a plus facilement les mains sur les cordes de sa guitare ou la tête dans les partitions plutôt que dans la paperasse administrative. Pourtant, afin d’être correctement rémunéré.e, il est important de connaître tous les schmilblicks administratifs. Car jusqu’ici, on ne vit pas de musique et d’eau fraîche (même si on adorerait). Lorsque l’on se lance dans la musique et que l’on commence les scènes, on se produit parfois ailleurs que dans des salles dont le spectacle est le métier principal (et on ne parle pas ici de la salle des fêtes du village d’enfance). C’est là qu’intervient une plateforme gratuite et indispensable par laquelle vous pourrez être déclaré.e et payé.e, le GUSO.
1. GUSO, qu’est-ce que c’est ?
Le GUSO est le Guichet Unique de Spectacle Occasionnel. Gratuit et obligatoire, il est aujourd’hui mis en œuvre par France Travail (ex Pôle emploi). Pour résumer, c’est un dispositif qui simplifie toutes vos démarches administratives. Il permet à l’organisateur qui vous embauche d’effectuer ses déclarations et de payer en une fois les cotisations sociales, que le GUSO reverse ensuite aux organismes de protection sociale (comme l’Urssaf, par exemple). Autrement dit, le GUSO permet en un clic de fournir le contrat de travail établi et le versement de l’ensemble des cotisations et contributions sociales.
Bien évidemment, la plateforme du GUSO est gratuite. Il est obligatoire pour tous les organisateurs de spectacle vivant dont le spectacle n’est pas le métier : un bar, un restaurant, une association, une mairie ou même un particulier qui vous engage pour un mariage. Les salles de concert, producteurs et tourneurs, eux, vous salarient directement.
En tant que salarié.e déclaré.e via le GUSO (le GUSO n’est pas votre employeur : c’est l’organisateur qui vous embauche), vous bénéficiez des dispositions de l’une des 2 conventions collectives du spectacle (à savoir la convention collective nationale des entreprises du secteur privé du spectacle vivant ou bien la Convention collective nationale des entreprises artistiques et culturelles).
L’adhésion au Guso n’est obligatoire que :
- Si vous engagez et rémunérez un.e ou plusieurs salarié.es du spectacle vivant, pour un contrat à durée déterminée,
- Si votre structure n’a pas pour activité principale le spectacle vivant (par exemple, un bar ou une association de quartier).
2. Quel est le cachet minimum pour un musicien via le GUSO ?
Le GUSO ne fixe pas lui-même de montant : c’est la convention collective de votre employeur qui fixe le minimum. Avec un employeur privé (bar, restaurant, association, particulier), c’est la convention du spectacle vivant privé. Selon sa grille en vigueur depuis le 1er septembre 2025 (et donc en 2026), le cachet minimum via le GUSO d’un.e musicien.ne en chanson, variétés, jazz ou musiques actuelles est de 176,45 euros brut par représentation (de 1 à 7 dates dans le mois). Attention, si vous réalisez un cachet dans une salle de 300 places maximum, que vous réalisez la première partie d’un spectacle, que vous êtes en promotion ou sur un plateau découvertes, le minimum est de 120,44 euros brut. Un employeur public (une mairie, par exemple) applique plutôt la convention des entreprises artistiques et culturelles, avec des montants un peu différents.
Vous êtes également rémunéré.e pendant vos répétitions : à hauteur de 73,83 euros brut pour un service isolé de trois heures et de 106,20 euros brut pour une journée de répétition.
3. Qui peut faire un cachet via le GUSO ?
Tout artiste ou technicien.ne du spectacle peut être payé.e via le GUSO. La condition porte sur l’employeur : qu’il soit un particulier, une association, une entreprise ou une collectivité, la diffusion ou la production de spectacle ne doit pas être son métier principal.
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4. Comment calculer le cachet d’un artiste ?
Le cachet correspond en euros à la rémunération que vous allez recevoir à la suite d’une prestation live (les enregistrements en studio, à la radio ou à la télé ne passent pas par le GUSO). Pour calculer le cachet d’un artiste, vous pouvez vous rendre sur la plateforme du GUSO juste ici. Cet outil en ligne donne à l’employeur une idée du montant des cotisations et de la rémunération. S’il a encore un doute, il peut s’adresser à la DREETS (Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités). Dans tous les cas, l’employeur doit respecter le minimum de la convention collective, et jamais moins que le smic horaire.
5. Comment obtenir son numéro GUSO ?
Pour obtenir son numéro GUSO, rien de plus simple. Il suffit de suivre les étapes juste en-dessous :
- Vous rendre sur le site du GUSO juste ici.
- Cliquer sur “Connexion” en haut à droite de la page.
- Puis cliquer sur “Salarié” juste ici.
- Cliquer sur “Inscrivez-vous” sous le formulaire de connexion, puis renseigner votre numéro de sécurité sociale, votre nom de naissance, votre prénom, votre sexe, ainsi que votre date, pays et département de naissance.
- Cliquer sur “Adhérer”.
- Compléter tous les champs obligatoires. Attention, bien indiquer votre adresse e-mail et vérifier qu’elle soit valide afin de bien recevoir vos courriers. Vous pouvez d’ailleurs les recevoir directement sur votre espace personnel en cliquant sur “Oui” à l’endroit concerné.
- Renseigner votre numéro de téléphone, votre adresse et une adresse de correspondance si celle-ci est différente (ou votre adresse fiscale).
- Enregistrer.
Pour finaliser votre adhésion, il suffit de choisir une question secrète et sa réponse (le prénom de votre ours en peluche quand vous étiez petit.e ou le nom de votre boysband préféré à 15 ans fera l’affaire).
Une fois inscrit.e au GUSO, vos identifiants de connexion vous seront envoyés par e-mail. Il ne vous reste plus qu’à effectuer toutes vos démarches en ligne. Cet identifiant à 10 chiffres vous sera demandé de manière systématique.
Si vous n’avez pas d’ordinateur ou de tablette sous le coude, vous pouvez aussi obtenir votre numéro d’adhésion en appelant directement le 0 805 41 40 41 (service et appel gratuits), du lundi au vendredi de 9h à 17h (de 9h à 13h le jeudi).
6. Comment être payé via le GUSO ?
Pour être payé.e via le GUSO, tout le travail administratif revient à l’employeur et non au salarié.e. Par exemple, vous donnez un concert pour la fête de la musique organisée par votre mairie. La mairie, votre employeur, fait votre déclaration préalable à l’embauche sur le site du GUSO au plus tard 2 heures avant le spectacle, puis remplit la déclaration unique et simplifiée (DUS) au plus tard 15 jours après la fin de votre contrat. Cette déclaration sert de contrat de travail. L’employeur vous verse directement votre salaire net : le GUSO ne vous paie pas lui-même. Il a 15 jours après la fin de votre contrat pour payer au GUSO les cotisations sociales et le prélèvement à la source. Vous n’avez rien à envoyer : le GUSO transmet lui-même votre déclaration à France Travail, ce qui vous permet par exemple de cumuler vos heures afin d’obtenir par exemple le statut d’intermittent du spectacle si ce n’est pas le cas.
Pour l’employeur, recourir au GUSO lui permet donc de ne pas vous remettre un bulletin de salaire. C’est le GUSO qui vous envoie une attestation mensuelle d’emploi, qui vaut fiche de paie et reprend à la fois vos périodes d’activité, vos rémunérations et vos cotisations sociales.
Pour mettre un peu plus de beurre dans les épinards, vous retrouverez un autre article utile juste ici.
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Sources
